GINZBURG

Carlos Ginzburg est né en 1946, en Argentine, à Buenos Aires, qu'il quitte en 1972 pour vivre à Paris. Il étudie la philosophie avant de se tourner vers l'art. En 1970, E.A. Vigo publie le cahier Diez Ideas de Arte Pobre, écrit & conçu par le jeune artiste, avec une préface de Germano Celant. De façon prémonitoire, il y traite de la fonte des icebergs & d'un inévitable chaos si rien ne change... Deux années plus tard, il est à l'International Meeting of Arts de Pamplone, en Espagne. Le pays est à l'heure de l'ouverture internationale &, âgé de tout juste 26 ans, il expose au côté de John Cage, Christo, Denis Oppenheim, Martial Raysse, dont deux autres jeunes talents Joseph Kosuth & Philippe Garrel. De 1972 à 1982, il développe une oeuvre principalement photographique, en voyageant à travers le monde tout en se jouant d'un comportement hyper-touristique. Dès 1972, à la Biennale de Medellin, en Colombie, puis en 1980, à l'International Cultural Centrum d'Anvers, en Belgique, il expose ses voyages touristiques au travers de photographies, de carnets de voyage & de ready-mades, tels que sac à dos & ustensiles de cuisines... À cette occasion, Pierre Restany publie Les voyages de Ginzburg... À partir de 1982, pendant une vingtaine d'années, l'artiste se passionne avec pléthore de critiques d'art & d'artistes pour un mouvement axé sur l'art fractal. Pierre Restany & Severo Sarduy sont de l'aventure... Ce dernier ajoute alors, dans la seconde édition de son livre Barroco, une préface qu'il intitule Un baroque fractal, où il insère le nom de Ginzburg entre ceux d'un Hokusai & d'un Bauhaus chargés en sens. L'artiste crée plus intensément sur le chaos fractal, en maintenant une réflexion entre l'art fractal & le concept d'hybridation, tel que défini par Bruno Latour (Nature-Culture-Langage-Être). En 2001, Pierre Restany décide d'organiser une exposition collective, à New York, intitulée Ecologie Politique, diffusant toutes ces idées... Devant le succès rencontré, le critique d'art préparait une suite, peu avant sa mort, au Centre Culturel Français de Milan... Au début de l'année 2005, Ginzburg rencontre Tschann, qu'il juge alors capable de donner une énergie inverse à toute sa création nommée, par un clin d'oeil au mouvement dadaïste & à son fameux DADA, les barbares BA BA BA BA... Dans une phénoménologie, il reconnaît en elle une complémentarité pour aboutir à une compréhension moderne du divin, à la fois immanente & transcendante, renvoyant aux caractères évolutifs ancestraux. En 2010, une boucle se termine. Pendant que l'exposition de Pamplone connaît une réédition au Musée Reina Sofia, de Madrid, sous le titre Encuentros de Pamplona 72. Fin de fiesta del arte experimental, un projet d'exposition de grande envergure conçu avec Tschann, nommé Arthéologie, voit jour. Leurs 12 oeuvres inaugureront le mouvement paradisiaque, tel qu'initié par Tschann, mettant à l'honneur un caractère plus savant que purement créatif. Consécutivement, il intègre les collections contemporaines du Musée, rejoignant également celles de la Tate Modern & du Centre Georges Pompidou... Ainsi, c'est dans des expérimentations riches & variées que ses objectifs artistiques s'épanouissent magistralement.

Un art qui tend à rencontrer un divin phénoménologique.